Foot : pour Paris, un arrière-goût amer derrière la séquence européenne brillante
La superbe victoire sur Barcelone (4-2) mardi soir en Ligue des champions a laissé des traces au Paris SG, privé sans doute pour toute la saison de l'attaquant Khvicha Kvaratskhelia, gravement blessé à un genou, alors qu'Ousmane Dembelé et Marquinhos seront absents plusieurs semaines.
Le point médical du Paris Saint-Germain, tombé mercredi matin, a quelque peu éclipsé la belle prestation parisienne de la veille: "victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit (...), Khvicha Kvaratskhelia subira une intervention chirurgicale dans les prochains jours", a annoncé le club parisien.
Contacté par l'AFP, l'entourage de "Kvara" a estimé qu'à ce stade "il était difficile" de parler d'une date de retour sur les terrains.
Mais cette blessure, si courante et redoutée par tous les joueurs, risque d'éloigner l'ailier géorgien des terrains durant de longs mois, voire pour le restant de la saison.
Il s'agit d'une très mauvaise nouvelle pour le PSG, car le Géorgien, 25 ans, a été un élément majeur dans la conquête de la "deuxième étoile" la saison dernière, au point de postuler au Ballon d'Or 2026, qui sera décerné lundi.
L'action de sa blessure, la veille, laissait craindre le pire : après un contact épaule contre épaule avec Xavi Espart, juste avant l'heure de jeu, l'attaquant s'était écroulé sur la pelouse en se tenant le genou, avant de rejoindre les vestiaires sans même pouvoir poser la jambe droite, aidé par deux soigneurs.
- L'heure de Maghnes Akliouche ? -
En son absence, l'international français Maghnes Akliouche (12 sélections, un but), arrivé l'été dernier de Monaco, devrait devenir le titulaire naturel sur l'aile droite et décaler Désiré Doué de l'autre côté. Le joueur de 24 ans monte en puissance depuis plusieurs semaines, très soutenu par son entraîneur Luis Enrique.
Le Belge Mika Godts, à Paris aussi depuis août, pourra également suppléer le Géorgien, mais il devra élever son niveau de jeu.
L'attaquant polyvalent Ferran Torres constitue une autre solution, mais il sera sans doute amené à jouer dans l'axe les prochains matches.
Car outre "Kvara", le club de la capitale devra aussi faire sans Ousmane Dembélé, victime d'une "lésion à la cuisse gauche" et sorti prématurément (20e), et son capitaine Marquinhos, qui a subi "une lésion à la cuisse droite" (59e). Les deux joueurs resteront "en soins ces prochaines semaines", a précisé le PSG, sans donner de date de retour exacte.
Ils ont rapidement senti qu'ils ne pourraient pas continuer la rencontre face au Barça mardi soir mais ont pu quitter la pelouse en marchant.
Jusque-là épargné par les blessures, le Paris SG a vu son infirmerie se remplir rapidement en quelques jours, avec Nuno Mendes, également victime d'une lésion à la cuisse gauche à Strasbourg samedi.
Ces absences importantes pourraient freiner le rouleau compresseur parisien dans les semaines à venir et viennent ternir sept jours impressionnants du PSG, qui a donné la leçon à Manchester City puis au Barça (4-2).
- Paris est en avance -
Par séquences, Paris a tellement plané sur le jeu, dans sa pression tout-terrain et son déplacement, tout en restant fort mentalement et défensivement, qu'il a donné des airs de printemps.
Lors des deux dernières saisons, les Parisiens n'ont atteint ce niveau athlétique et cette symbiose qu'à partir d'avril, alors que la première partie de saison servait à trouver la bonne formule.
Pourtant, Luis Enrique répète régulièrement sa volonté d'emmener son effectif au sommet de sa forme physique au printemps.
"L'équipe est capable de jouer une première période sensationnelle au niveau défensif: on a récupéré beaucoup de ballons avec une pression haute et on s'est créé des occasions pour marquer, a noté l'entraîneur espagnol après la rencontre. On a eu la capacité de surmonter des moments difficiles en deuxième période."
C'est bien en cela que ces deux prestations ressemblent à celles du quart de finale contre Liverpool ou de la demi-finale face au Bayern Munich en mai dernier.
Plusieurs joueurs sont aussi revenus à leur meilleur niveau : Joao Neves, dans tous les bons coups mardi, ou Lucas Hernandez qui a parfaitement contenu le prodige du Barça Lamine Yamal.
Mais, comme à son habitude, l'entraineur parisien souhaite tempérer les louanges tressées à son équipes et conserver une forme d'équilibre dans le discours.
"Ce match n'est pas décisif, le mois décisif sera en avril, ce sera le mois le plus important. Avec les matches à élimination directe", a-t-il insisté, sachant qu'il y a un an, son équipe avait le même nombre de points à ce stade de la compétition et qu'elle avait quand même dû passer par les barrages pour accéder aux huitièmes de finale.
E.Bauer--SbgTB