Flavio Bolsonaro sous le coup de plusieurs enquêtes au Brésil
Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, qui a fui le Brésil pour s'exiler aux États-Unis après avoir perdu l'élection présidentielle face au président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, fait l'objet de plusieurs enquêtes.
Voici ce que l'on sait au sujet des investigations visant le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
Son mandat de sénateur s'achève fin janvier, tout comme son immunité parlementaire.
- L'ami avocat -
La Police fédérale enquête sur une affaire de blanchiment d'argent présumé impliquant Flavio Bolsonaro et l'avocat Willer Tomaz, qu'il a reconnu être son ami.
C'est dans le cadre de ce dossier que le juge Alexandre de Moraes a ordonné au sénateur de remettre aux autorités ses passeports brésiliens (y compris diplomatiques), mais aussi un passeport italien, a indiqué une source policière à l'AFP.
Son frère Eduardo Bolsonaro, ancien député installé aux Etats-Unis, avait suggéré quelques jours avant le second tour, dans un entretien à un podcast américain, que le sénateur devrait quitter le Brésil en cas de défaite.
La police soupçonne que Flavio Bolsonaro et Willer Tomaz étaient associés dans des entreprises et que le sénateur avait un accès total à un compte bancaire de l'une d'entre elles.
D'après des médias locaux, Willer Tomaz s'est lui aussi installé aux États-Unis après avoir été ciblé par une enquête sur des prélèvements illégaux sur les pensions de retraités, un vaste scandale qui a touché environ neuf millions de personnes au Brésil.
- Le biopic sur son père -
L'affaire la plus retentissante porte sur des irrégularités présumées dans le financement de "Dark Horse", film biographique sur Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d'Etat après sa défaite électorale face à Lula en 2022.
En mai, le site Intercept Brasil a révélé des enregistrements audio dans lesquels Flavio Bolsonaro négociait un financement d'environ 24 millions de dollars avec le banquier Daniel Vorcaro, actuellement détenu pour une gigantesque affaire de fraude.
En juillet, le juge de la Cour suprême André Mendonça a ordonné l'ouverture d'une enquête sur ce financement, pour des soupçons de corruption, blanchiment et évasion de devises.
Après avoir nié tout contact avec le banquier, le sénateur a admis avoir demandé ces fonds mais nié toute malversation, évoquant un "financement privé".
- Financement étranger de la campagne -
Un autre juge de la Cour suprême a ordonné mardi une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne de Flavio Bolsonaro.
Ce magistrat a demandé à la police de se pencher sur "l'éventuelle origine, circulation et destination de fonds étrangers", ainsi que d'autres formes d'ingérence dans le scrutin, comme des "manipulations" sur les réseaux sociaux.
L'équipe de campagne de Lula a dénoncé une ingérence de Meta, la maison mère de WhatsApp, Facebook et Instagram dans l'élection, l'accusant de restreindre la circulation de ses contenus.
Le géant américain de la tech a rejeté ces accusations, se limitant à reconnaître des "incidents techniques".
- Accusations passées -
Avant de jouer les premiers rôles dans la politique nationale, Flavio Bolsonaro avait déjà été éclaboussé par un scandale.
En 2020, le parquet de Rio de Janeiro l'avait accusé de s'approprier une partie des salaires de ses assistants dans le cadre d'un système de rétrocommissions quand était député régional.
Selon les procureurs, une partie de cet argent était blanchi par le biais d'une boutique de chocolat dont il était copropriétaire.
L'affaire a finalement été classée sans suite en 2022, après qu'un tribunal supérieur a annulé les preuves obtenues par les enquêteurs.
U.Preininger--SbgTB