Salzburger Tageblatt - Elections en Israël: Eisenkot se dit prêt à former un gouvernement

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Elections en Israël: Eisenkot se dit prêt à former un gouvernement
Elections en Israël: Eisenkot se dit prêt à former un gouvernement / Photo: Jack GUEZ - AFP

Elections en Israël: Eisenkot se dit prêt à former un gouvernement

Le centriste Gadi Eisenkot, dont le bloc est arrivé légèrement en tête aux élections israéliennes mais loin d'une majorité, s'est dit prêt à former un gouvernement, alors que le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu ne s'est pas encore exprimé.

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Les Israéliens ont massivement pris part à ce scrutin, le premier depuis le 7-Octobre, avec un taux de participation de 77,7%, au plus haut depuis 1999.

Mais les sondages sont très serrés. La chaîne de télévision 12 donne le "bloc du changement" de Gadi Eisenkot à 52 sièges, contre 50 pour Benjamin Netanyahu et ses alliés d'extrême droite et ultra-orthodoxes. Mais les chaînes 11 et 13 ont elles revu leurs premières estimations, donnant désormais les deux camps à égalité à 51 sièges chacun, sur les 120 que compte la Knesset - soit loin des 61 députés nécessaires pour obtenir la majorité.

Devant la forte mobilisation, M. Eisenkot s'est dit opposé à la tenue de nouvelles élections. Et a mis en garde Benjamin Netanyahu, qui a multiplié les déclarations alarmistes sur la menace iranienne ces derniers jours : "n'essaie même pas d'utiliser la sécurité d'Israël à des fins politiques".

Le dirigeant de 77 ans devrait prendre la parole sous peu. Sa formation, le Likoud, reste le premier parti avec 24 à 27 sièges estimés (contre 32 précédemment), devant le Yashar de M. Eisenkot.

L'autre fait marquant de la soirée est la poussée spectaculaire des deux listes arabes israéliennes, Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche), qui s'imposent comme de possibles faiseurs de rois avec 17 ou 18 députés attendus.

Le camp de Netanyahu a subi "une défaite majeure", a déclaré le dirigeant de Raam, Mansour Abbas, se disant prêt à travailler avec M. Eisenkot.

- Besoin d'"alliances inédites" -

Mais si le Premier ministre sort ébranlé de ce vote, la situation ressemble pour l'instant à une impasse, souligne Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l'université de Bar-Ilan.

"Netanyahu n'a aucun moyen de former un gouvernement" et le bloc de M. Eisenkot devra "soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire", deux options jusque-là rejetées par le camp de l'opposition, dit-elle.

"Si Netanyahu a perdu, cela ne signifie pas qu'Eisenkot a gagné", résume encore Gideon Rahat, politologue à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a qualifié de "prématurées" les "célébrations" de l'opposition.

De fait, dans la salle réservée par le Likoud pour la soirée électorale, l'ambiance n'est pas si lugubre.

Elie Pieprz, 53 ans, se dit même "très optimiste", et mise sur le vote des quelque 600.000 soldats et réservistes, qui mettent plus de temps à être comptés, pour gonfler le score du parti.

Et en cas d'échec, comme cela est arrivé plusieurs fois dans l'histoire d'Israël, il faudra retourner aux urnes.

"Pour former un gouvernement, il faudra briser les règles et les normes établies, en forgeant des alliances inédites", souligne Yaheli Lifshitz, un étudiant venu célébrer la performance de Gadi Eisenkot au siège de son parti à Tel-Aviv, où les estimations ont été accueillies aux cris de "Bibi (surnom de Netanyahu) rentre chez toi !".

Cela veut dire "soit faire venir quelqu'un" de l'actuelle coalition gouvernementale, soit "travailler avec les partis arabes", dit-il.

La Commission électorale va commencer à publier progressivement les résultats officiels dans la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait durer plusieurs jours.

- "Du changement" -

Le tableau indécis qui se dessine pour l'instant est l'image de la polarisation du pays, qui s'est renforcée depuis les attaques du 7 octobre 2023 dont l'ombre a plané sur le scrutin.

Les élections interviennent sur fond de critiques internationales croissantes contre la conduite de la guerre à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.

"Je veux du changement", a affirmé Asia Egbaria, étudiante en droit de 23 ans, en votant à Oum al-Fahm, ville majoritairement arabe du nord. "Je ne veux plus être traitée comme une citoyenne de deuxième ou de troisième classe. Je veux juste vivre en paix et sereinement".

C'est d'ailleurs sur cette minorité que M. Netanyahu a concentré ses attaques pendant sa campagne, en accusant mardi le parti Raam de vouloir "voler l'élection", après l'arrestation de trois hommes avec des enveloppes remplies d'argent liquide.

Les autorités électorales ont évoqué un "cas isolé", et M. Eisenkot l'a accusé de "préparer le terrain" à une possible contestation des résultats.

L.Singer--SbgTB