Kim loue "l'amitié invincible" sino-nord-coréenne lors d'une visite surprise en Chine
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a effectué une visite surprise en Chine, à Dandong de l'autre côté de leur frontière commune, et emprunté le pont récemment inauguré entre les deux pays dont il a promu "l'amitié invincible", a rapporté samedi un média officiel.
L'ouvrage, inauguré la semaine dernière, est censé renforcer les liens économiques entre l'un des pays les plus reclus au monde et son puissant voisin, son principal partenaire commercial.
Lors de ce déplacement, que ni Pékin ni Pyongyang n'avaient annoncée au préalable, Kim Jong Un a visité un mémorial rendant hommage aux soldats chinois morts aux côtés de Nord-Coréens lors de la guerre de Corée (1950-1953), d'après KCNA, l'agence de Pyongyang.
Le dirigeant s'est ensuite entretenu avec Wang Huning, le plus haut conseiller politique chinois, auquel il a promis que "nous nous souviendrons toujours de ce moment de l'histoire où les excellents fils et filles du peuple chinois ont aidé notre révolution (...) et nous ferons avancer l'histoire de l'amitié entre la (Corée du Nord) et la Chine", d'après KCNA.
En outre, d'après l'agence Chine nouvelle, M. Wang a transmis au leader nord-coréen "les salutations cordiales et les meilleurs vœux du président chinois Xi Jinping", avant qu'il ne regagne son pays samedi.
Étaient aussi présents le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, ainsi que l'influente soeur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo Jong, d'après KCNA.
- Sommet Kim-Trump à l'Apec ? -
Selon Wang Huning, cité par Chine nouvelle, cette visite visait à "consolider (...) l'amitié, approfondir la confiance politique mutuelle et poursuivre conjointement la coopération et le développement".
Elle a eu lieu à une date proche de l'intervention des troupes chinoises dans la guerre de Corée, la nuit du 19 au 20 octobre 1950, commémorée à Pékin comme à Pyongyang.
Ce voyage pourrait envoyer un "signal positif" sur un possible sommet entre États-Unis et Corée du Nord, a encore estimé le député sud-coréen Youn Kun-young, dans un communiqué transmis à l'AFP.
L'hypothèse existe d'une rencontre entre Kim Jong Un et le président Donald Trump lors du sommet de l'Apec (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique), en novembre dans la ville chinoise de Shenzhen.
Samedi soir à Dandong, le pont était vide et le quartier calme. Un habitant, Zhao, a estimé que c'était "plutôt bien" que M. Kim ait effectué cette visite.
"Lorsque les deux pays coopèrent, cela profite économiquement aux villes frontalières en Chine, a expliqué à l'AFP ce chauffeur de 50 ans. Nous fondons de grands espoirs là-dessus. Que notre amitié dure pour toujours."
- Ouverture retardée du pont -
Le pont à quatre voies, d'environ 3 km, a été achevé en 2014. Mais son ouverture a été retardée par différents problèmes, notamment l'absence de routes de raccordement et d'installations douanières côté nord-coréen, selon les médias sud-coréens.
Son inauguration est intervenue un peu plus d'un mois après que la Corée du Nord et la Russie ont ouvert leur premier pont routier sur le fleuve Toumen.
Pour Yang Moo-jin, ancien président de l'Université des études nord-coréennes du Sud, M. Kim a peut-être cherché "le soutien actif et la coopération de Pékin en vue d'un possible sommet avec Trump à Shenzhen".
La tension est remontée entre les deux Corée après un nouvel incident transfrontalier. Les deux pays restent techniquement en guerre, leur conflit de 1950-1953 s'étant achevé par un armistice et non par un traité de paix.
En dépit des sanctions imposées par l'ONU, la Corée du Nord a inscrit dans la loi son statut d'État doté de l'arme nucléaire, déclarant à maintes reprises que son arsenal atomique est permanent et irréversible.
Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, connu pour sa ligne conciliante, a suggéré en septembre que Washington vise un gel, plutôt que l'élimination immédiate, du programme nucléaire nord-coréen en échange d'un allègement des sanctions.
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M.Langthaler--SbgTB