Trump s'en prend à Zelensky et veut un nouveau président en Ukraine
Donald Trump s'en est pris vertement samedi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" pour mettre fin à la guerre avec la Russie, et a souligné que Vladimir Poutine souhaitait, selon lui, un "règlement" du conflit.
"Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord", a affirmé le président américain devant la presse à la Maison Blanche, condamnant les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ne font qu'aggraver - dit-il - "le problème mondial" de pénurie de diesel.
"Il a intérêt à arrêter", a mis en garde Donald Trump à l'adresse du président ukrainien, au lendemain de l'annonce d'un accord controversé entre Moscou et Washington pour l'achat massif de diesel russe.
A la suite du bond des prix du carburant aux États-Unis depuis le déclenchement en février par Donald Trump et Israël de la guerre contre l'Iran, l'accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains à moins d'un mois d'élections législatives cruciales pour la suite du mandat du milliardaire américain.
Le président américain a affirmé plus tard que son homologue russe Vladimir Poutine, avec qui il s'est entretenu au téléphone vendredi, voulait "fortement" "voir un règlement" pour mettre fin à la guerre avec l'Ukraine.
"La Russie aimerait conclure un accord (...) mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d’accord", a déclaré Trump à des journalistes samedi.
Kirill Dmitriev, le principal négociateur économique de Vladimir Poutine, a salué les propos de Donald Trump sur l'abandon de son soutien au président ukrainien comme "historiques".
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a affirmé en revanche que Volodymyr Zelensky "bénéficie du "soutien du peuple ukrainien" et qu'il "mérite d'être soutenu".
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit apporter de son côté sa "totale solidarité" au président ukrainien, lors d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants.
- "Remerciements" -
Avant les déclarations incendiaires du président américain, Volodymyr Zelensky avait dénoncé l'accord russo-américain comme une "décision faible" de la part des États-Unis et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et financer sa guerre.
Le président ukrainien a également dénoncé de nouvelles frappes russes qui ont fait 21 morts samedi, dont 20 à Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine
"La Russie a exprimé ses remerciements pour la levée des sanctions sur les exportations de diesel en lâchant cinq bombes sur des immeubles résidentiels à Zaporijjia", a-t-il déclaré.
Selon Washington et Moscou, la Russie doit livrer 300.000 tonnes de diesel dès le mois d'octobre aux États-Unis et sur le marché mondial et accroître ensuite ces livraisons jusqu'à 1 million de tonnes en décembre.
Le Kremlin a affirmé samedi que le président russe Vladimir Poutine avait "accueilli avec compréhension" des propositions américaines "de mesures visant à la désescalade" en Ukraine lors de l'appel téléphonique avec son homologue américain qui a débouché sur l'accord d'exportation de diesel, sans plus de détails.
La Russie a intensifié ses frappes contre le territoire ukrainien ces derniers mois, faisant un nombre croissant de victimes civiles.
- "Difficultés" -
A Zaporijjia, ville située à seulement quelques dizaines de kilomètres de la ligne de front, Daniil Pichkin, un volontaire, est arrivé tôt pour aider les victimes des frappes survenues à l'aube.
Deux personnes ont pu être secourues dans les gravats, "malheureusement, une petite fille est morte", a-t-il témoigné auprès de l'AFP.
Des explosions ont aussi retenti samedi à Kiev où les frappes russes ont causé des coupures de courant massives et une suspension temporaire du fonctionnement du métro, avant-goût de ce qui attend les habitants de Kiev cet hiver.
Six personnes ont été blessées dans ces frappes en pleine journée, dont cinq hospitalisées, a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko.
Volodymyr Zelensky a dit avoir discuté "des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers" russes par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron.
L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou.
Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à "prendre acte" de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev.
Après des discussions vendredi entre négociateurs ukrainiens et américains en Floride visant à relancer les efforts diplomatiques vers une fin de la guerre, les négociations ont été écourtées, les autorités ukrainiennes ayant confirmé à l'AFP le départ de la délégation de Kiev.
L'émissaire du président Trump, Steve Witkoff, a tout de même qualifié les discussions de "constructives", mais Volodymyr Zelensky a dénoncé "un écran de fumée" après l'annonce de l'accord sur le diesel.
V.Koch--SbgTB