Maquereau: les scientifiques recommandent une baisse des captures de 11% dans l'Atlantique
La population de maquereaux de l'Atlantique se porte un peu moins mal que prévu, mais elle reste surpêchée, a annoncé mercredi le Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) qui recommande une baisse des captures de 11%.
"On reste sur un stock qui est très largement dégradé (...) Même s'il n'est plus considéré comme effondré, il est toujours surexploité", a indiqué à l'AFP Youen Vermard, chercheur à l'Ifremer.
Dans un avis scientifique publié mercredi, le Ciem, un organise scientifique qui fait autorité, recommande de ne pas capturer plus de 353.000 tonnes de maquereaux en 2027.
C'est deux fois plus que l'avis de l'an dernier (174.000 tonnes), mais c'est toujours 11% de moins que les captures réelles prévues pour 2026.
La révision à la hausse de l'avis scientifique s'explique par une biomasse légèrement meilleure que prévu et un nombre de poissons de plus de deux ans deux fois plus élevé.
"On reste sur des valeurs très, très faibles par rapport à ce qu'on a pu observer dans les années 2010", a souligné M. Vermard.
La biomasse des maquereaux en âge de se reproduire s'est écroulée de près de 13 millions de tonnes en 2014, à 3 millions de tonnes en 2025, d'après les estimations du Ciem.
Les États côtiers de l'Atlantique Nord-Est ne parviennent pas depuis de nombreuses années à s'accorder sur des quotas en accord avec les recommandations scientifiques. En moyenne, les captures de maquereaux ont dépassé les avis scientifiques de 39% depuis 2010.
A l'origine de ce désastre annoncé: le réchauffement climatique. En quête d'eaux plus froides, le maquereau a migré vers le Nord au début des années 2000, entrant dans les eaux islandaises, où il était jusque-là pratiquement inconnu.
Les pêcheurs islandais ont commencé à le cibler, de même que les îles Féroé, un territoire autonome du Danemark, où la pêche au maquereau a décuplé au tournant des années 2010.
Face à cette nouvelle donne, les autres États côtiers (Norvège, Royaume-Uni, Russie, Union européenne) ne sont pas parvenus à s'accorder sur une nouvelle répartition des quotas, permettant de faire de la place aux nouveaux entrants.
En 2024, les captures européennes de ce poisson emblématique, qui se pêche de Gibraltar au Groenland, ont avoisiné les 900.000 tonnes, soit l'équivalent de plus de deux fois l'ensemble de la pêche française, toutes espèces confondues.
P.Wimmer--SbgTB