La ministre Catherine Chabaud dans le Sud pour rencontrer à nouveau des pêcheurs
La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche est en déplacement lundi dans l'Hérault et le Gard pour discuter de nouveau avec des pêcheurs de la Méditerranée, après une semaine de mobilisation contre la hausse des prix du carburant et des conditions de travail dégradées.
A Sète, Catherine Chabaud a été accueillie dans une petite salle de la criée, retrouvant ainsi une partie de la délégation de pêcheurs reçue jeudi dernier à Paris, selon son entourage.
Cette rencontre avec une soixantaine de pêcheurs a permis de poursuivre les discussions entamées à Paris en évoquant "plus de détails" et en abordant "des points qui n'avaient pas été évoqués", a indiqué à l'AFP Bertrand Wendling, de l'organisation de producteurs Sathoan, à l'issue de la réunion.
M. Wendling a évoqué un "travail collaboratif" à mener à "moyen terme" avec "les scientifiques, les professionnels, les services de l'Etat" pour parvenir à une "révision" du plan West Med qui soit "acceptable pour tout le monde". En outre, des discussions doivent être menées pour de nouvelles autorisations de pêche du thon rouge réclamées par les pêcheurs méditerranéens.
Le plan West Med, qui vise une pêche durable en réglementant le chalutage, est notamment jugé trop restrictif par les pêcheurs en raison du nombre de 100 sorties autorisées en mer par an, mais aussi inadapté, car il impose des filets aux mailles très larges qui selon eux laissent passer une grande partie de leurs prises.
La ministre est attendue au Grau-du-Roi, dans le Gard, en début d'après-midi, pour poursuivre les discussions. En guise d'accueil dans le port, de nombreux bateaux étaient recouverts de banderoles: "Bruxelles, arrêtez le carnage!", "pêcheurs à l'agonie", a constaté l'AFP.
A Cannes (Alpes-Maritimes) tôt lundi matin, une quinzaine de petits bateaux de pêche ont bloqué le vieux port, qui abrite plusieurs dizaines de yachts au pied du palais des festivals.
"Un mouvement pacifique, histoire de marquer le coup", a expliqué, au journal Nice-Matin, Gilles Dubbiosi, premier prud'homme de pêche de Cannes.
La semaine dernière, les pêcheurs de la Méditerranée se sont mobilisés quatre jours durant, bloquant des dépôts pétroliers et des ports, de Nice (Alpes-Maritimes) jusqu'à Port-la-Nouvelle (Aude), en passant par Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
La protestation s'est calmée après une réunion de plus de six heures jeudi, au ministère à Paris.
L'étincelle de ce mouvement a été la flambée du prix du gazole, qui représente un tel poste de dépense pour les pêcheurs qu'il rend leur activité non rentable selon eux.
Les pêcheurs méditerranéens se plaignent aussi d'un versement trop tardif des aides sur le carburant, des quotas de pêche jugés trop restrictifs pour le thon rouge et de charges administratives trop lourdes.
Dans la presse samedi, des maires des ports méditerranéens, de Sète à Nice et jusqu'en Corse, ont apporté dans une tribune commune leur soutien aux pêcheurs, appelant "les institutions européennes à ne plus rester insensibles à la détresse des pêcheurs méditerranéens".
"La protection de la Méditerranée ne peut pas se penser sans celles et ceux qui y travaillent. Elle doit se construire avec eux", ont demandé les maires.
E.Mader--SbgTB