Salzburger Tageblatt - La Bulgarie, nouvelle "batterie" des Balkans

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La Bulgarie, nouvelle "batterie" des Balkans
La Bulgarie, nouvelle "batterie" des Balkans / Photo: Nikolay DOYCHINOV - AFP

La Bulgarie, nouvelle "batterie" des Balkans

Alors que le secteur de l'électricité dans l'Est de l'Europe a été durement touché par une sécheresse sans précédent, la Bulgarie sait tirer profit de l'essor rapide du stockage par batteries, parallèlement à son boom solaire.

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Aux quatre coins du pays, une centaine de sites sont désormais en exploitation, sur d'anciens aérodromes, dans des usines ou à proximité de centrales électriques.

"L'ampleur et la vitesse du déploiement du stockage en Bulgarie sont sans précédent dans un contexte européen", estime Stavros Papathanassiou, professeur à l'Université polytechnique nationale d'Athènes.

Cette capacité a renforcé la flexibilité du système bulgare au moment où des niveaux exceptionnellement bas du Danube ont perturbé la production électrique dans plusieurs pays de la région.

En juillet et août, la Bulgarie - l'un des pays les plus pauvres de l'UE - a enregistré des exportations nettes d'environ 830 GWh par mois, soit plus du double de la moyenne de mai et juin.

En juillet, la Roumanie représentait le principal flux sortant. Valorisé aux prix bulgares du marché, le flux net à travers cette frontière représentait environ 74 millions d'euros.

A Maritsa East 3, autrefois la deuxième plus grande centrale à charbon du pays, la transition est visible.

Construite sous le régime communiste avec quatre unités de 210 MW, la centrale a fortement réduit sa production au charbon après l'expiration de son contrat à long terme en 2024.

La connexion au réseau des anciennes unités 1 et 2 est désormais utilisée par une installation de batteries.

"Nous pouvions profiter de cette importante connexion au réseau. Nous avons décidé de déconnecter une unité au charbon et d'y connecter des batteries", explique à l'AFP Vassil Shtonov, responsable de ContourGlobal en Bulgarie.

Cette flexibilité est particulièrement importante, dit-il, car environ deux cinquièmes de l'électricité proviennent de la centrale nucléaire de Kozloduy et les capacités au gaz pilotables sont bien moindres qu'en Grèce ou en Roumanie.

"Le charbon sort, les batteries entrent. C'était le bon endroit au bon moment", résume-t-il.

M. Shtonov estime toutefois que la Bulgarie doit conserver une capacité minimale de réserve au charbon afin de garantir sa sécurité énergétique en cas d'hiver rigoureux ou de perturbations des approvisionnements en gaz.

Le ministère de l'Energie affirme que la Bulgarie disposait en septembre de quelque 5,7 GW de puissance de systèmes de stockage par batteries en service.

Près de 14 GWh de stockage à grande échelle ont aussi été contractualisés dans le cadre du plan de relance européen.

Pour Nikola Gazdov, président de l'Association bulgare pour la production, le stockage et le commerce de l'électricité, le boom résulte moins d'une stratégie planifiée que d'une convergence de circonstances.

"Tout s'est produit par hasard", explique-t-il à l'AFP.

L'essor des renouvelables a surtout été porté par le photovoltaïque, créant des excédents croissants en journée.

Dans le même temps, les procédures pour les batteries se sont révélées relativement légères : selon M. Gazdov, un grand projet peut être développé en moins de 18 mois.

En 2025, la Bulgarie a représenté environ 9% des nouvelles capacités de stockage par batteries installées en Europe.

Elle peut "servir d'exemple positif à d'autres pays européens", estime Lennart Herrmann, consultant senior au centre de recherche munichois FfE.

Mais faire de la Bulgarie une "batterie des Balkans" a ses limites.

Les interconnexions avec les pays voisins ne permettent pas de transporter des quantités illimitées d'électricité, tandis que les systèmes actuels offrent "généralement entre une et six heures de stockage, parfois jusqu'à huit", explique M. Herrmann.

Ils peuvent donc atténuer les pointes de consommation ou aider lors d'une baisse temporaire de la production hydroélectrique ou nucléaire, mais pas compenser l'arrêt d'un réacteur pendant plusieurs jours ou semaines.

Leur succès pourrait aussi réduire leur rentabilité : plus les batteries se chargent lorsque l'électricité est bon marché et se déchargent lorsque les prix sont élevés, plus elles réduisent l'écart dont elles tirent leurs revenus.

Elles peuvent toutefois faciliter la transition énergétique en réduisant l'écrêtement des renouvelables et le recours aux combustibles fossiles, souligne M. Herrmann.

J.Mueller--SbgTB