Salzburger Tageblatt - Après un été "hors normes" lui ayant coûté 80 millions d'euros, la SNCF prépare le prochain

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Après un été "hors normes" lui ayant coûté 80 millions d'euros, la SNCF prépare le prochain
Après un été "hors normes" lui ayant coûté 80 millions d'euros, la SNCF prépare le prochain / Photo: Jean-Christophe MILHET - AFP/Archives

Après un été "hors normes" lui ayant coûté 80 millions d'euros, la SNCF prépare le prochain

Les retards et annulations de trains dus aux canicules et incendies ont coûté 80 millions d'euros en juillet et août à la SNCF, qui se met en ordre de marche pour adapter ses voies ferrées et ses climatisations avant l'été prochain.

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"Nous avons eu 80 millions d'euros cet été de perte de chiffre d'affaires" due aux annulations de trains et aux indemnisations des voyageurs subissant des retards, a déclaré jeudi le PDG de la SNCF Jean Castex lors d'une conférence de presse sur le bilan d'un été qualifié de "hors norme".

"Depuis le début de l'année, on en est à 180 millions d'euros de manque à gagner, sans compter les coûts de réparation sur le réseau", a-t-il précisé. Ces chiffres pèseront sur les résultats du second semestre de l'entreprise ferroviaire publique.

Les seuls incendies de Gironde et l'interruption des lignes au sud de Bordeaux ont eu un "impact de 6 millions d'euros" pour le groupe.

Cette année, il y a eu "deux fois plus de minutes de trains en retard" à cause des aléas climatiques, "l'irrégularité des trains était deux fois plus élevée qu'à l'été 2025" et il y a eu "deux fois plus de trains supprimés", a détaillé Jean-Aimé Mougenot, le nouveau PDG de SNCF Voyageurs.

Sur les 23 millions de voyageurs TGV cet été, 164.000 ont subi un retard supérieur à trois heures, et 16.500 voyageurs des trains Intercités sur les 2 millions de personnes qui ont emprunté ces lignes (Paris-Clermont, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et Marseille-Bordeaux).

- Révision des climatisations -

Cela représente seulement 0,7% des voyageurs TGV et 0,8% des voyageurs Intercités, mais ces proportions ont doublé par rapport à 2025.

Les trois liaisons Intercités pré-citées qui fonctionnent avec de vieilles rames Corail datant des années 70-80, ont été les plus touchées par les canicules, avec 630 annulations de trains en juillet et août, contre 217 l'été précédent.

La SNCF a procédé à une révision complète des climatisations, a repeint en blanc le toit des Corail pour repousser la chaleur, et équipé leurs fenêtres de filtres anti-UV.

Mais le remplacement de leurs climatisations n'est pas à l'ordre du jour, étant donné que les trains eux-mêmes doivent être changés, a souligné Alain Krakovitch, directeur industriel de SNCF Voyageurs.

Au total la SNCF consacre 300 millions d'euros entre 2026 et 2030 à quatre actions climatiques destinées à adapter le matériel roulant, notamment en augmentant le seuil au delà duquel les climatisations se mettent en sécurité, a expliqué M. Krakovitch.

Jean Castex a confirmé l'arrivée sur le réseau national du nouveau TGV M "à l'automne", avant le 15 décembre. Il sera d'abord mis en ligne sur l'axe Paris-Marseille, et doit remplacer progressivement le parc actuel de 360 TGV exploité par la SNCF.

Construit par Alstom, il est équipé de batteries qui permettent, en cas de rupture de caténaires due à la chaleur, de continuer d'alimenter les trains en électricité et en climatisation, voire d'avancer jusqu'à la prochaine gare de manière autonome.

De même les premiers exemplaires du train Oxygène construit par CAF devraient être mis en ligne "à l'été 2027" pour remplacer les vieux Corail, a annoncé Jean Castex.

- Plan arbre, débroussaillage-

"Ils ne seront pas tous prêts l'été prochain" a néanmoins prévenu M. Krakovitch.

Plus globalement, pour faire face aux aléas climatiques, la SNCF augmente ses financements pour "accélérer la résilience de son réseau": 30 millions d'euros supplémentaires vont être dépensés sur un "plan arbre". "Il y a de plus en plus de coups de vent violent, et on va abattre un peu plus d'arbres", a indiqué Olivier Bancel, responsable de SNCF Résseau.

30 millions supplémentaires vont être consacrés au débroussaillage afin d'empêcher la propagation d'un feu de part et d'autre d'une voie.

Quelque 40 millions d'euros vont être consacrés à la sécurisation des talus. "Pour la première fois cette année, nous avons constaté des rétrécissement argileux dans certaines zones" a indiqué M. Bancel.

Côté BTP, 60 millions d'euros vont servir à réparer des ponts et tunnels vulnérables et 10 millions d'euros pour réparer (ou peindre en blanc) des guérites de signalisation.

A.Brandl--SbgTB