Salzburger Tageblatt - Après les invectives, le dialogue? Trump reçoit le président colombien

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Après les invectives, le dialogue? Trump reçoit le président colombien
Après les invectives, le dialogue? Trump reçoit le président colombien / Photo: Luis ROBAYO, Mandel NGAN - AFP/Archives

Après les invectives, le dialogue? Trump reçoit le président colombien

Après avoir échangé moult invectives par réseaux sociaux interposés, Donald Trump et son homologue colombien, le président de gauche Gustavo Petro, se voient mardi à la Maison Blanche pour tenter d'amorcer un dialogue.

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La rencontre a lieu peu après que le président américain, qui considère ouvertement l'Amérique latine comme sa chasse gardée, a mis de facto sous tutelle le Venezuela, pays voisin de la Colombie.

Le président colombien "est très sympa depuis un mois ou deux. Avant, il était critique mais depuis le raid au Venezuela, il est très sympa. Il a beaucoup changé son attitude", a commenté Donald Trump lundi sur un ton teinté d'ironie, pendant un échange avec la presse, en prédisant une "bonne rencontre."

La relation entre les deux hommes s'est détendue le 7 janvier, quand ils ont eu leur premier échange téléphonique, peu après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines.

Cette opération des Etats-Unis avait d'abord conduit Gustavo Petro, ancien guerillero, à parler de "reprendre les armes" contre Washington, tandis que le président américain lui avait conseillé de "faire gaffe à ses fesses".

- Migrants et glyphosate -

Bogota a fait un geste de bonne volonté à l'égard du républicain de 79 ans en annonçant soudainement vendredi la reprise des vols d'expulsion de migrants depuis les États-Unis à bord d'appareils colombiens, après huit mois de suspension.

La Colombie a aussi accepté de reprendre les épandages de glyphosate sur les camps de coca, une pratique abandonnée depuis 2015 et critiquée pour ses conséquences sanitaires et environnementales néfastes. Gustavo Petro s'y était fortement opposé en tant que sénateur.

Washington comme Bogota envoient donc des signaux d'apaisement, mais l'issue de la réunion de mardi dépendra aussi de l'alchimie entre le dirigeant républicain, notoirement impatient, et son invité, porté sur les longues digressions théoriques.

"Les deux sont éruptifs", explique Felipe Botero, politologue à l'Université des Andes, selon qui "la rencontre pourrait facilement dérailler".

D'autant que Donald Trump n'a pas hésité depuis son retour au pouvoir à tendre des embuscades publiques à ses invités: le président ukrainien Volodymyr Zelensky et sud-africain Cyril Ramaphosa ont gardé de cuisants souvenirs de leurs passages dans le Bureau ovale.

La réunion de mardi sera en grande partie consacrée au trafic de stupéfiants, que Donald Trump s'est promis d'éradiquer, n'hésitant pas pour cela à lancer des frappes contre des embarcations en mer des Caraïbes ou dans le Pacifique.

- Cocaïne -

La Colombie est le plus gros producteur de cocaïne au monde, tandis que les Etats-Unis en sont le premier consommateur.

Pendant des années, Washington s'est appuyé sur Bogota pour lutter contre le narcotrafic, en finançant les forces de l'ordre et les services colombiens de renseignement à coups de milliards de dollars.

Depuis que Gustavo Petro est arrivé au pouvoir, la production et les exportations de cocaïne ont augmenté.

Et en 2025, les Etats-Unis ont retiré la Colombie de la liste des pays alliés dans la lutte antidrogue.

L'entretien de mardi sera suivi de très près par les candidats à l’élection présidentielle de mai en Colombie. Le candidat de gauche Ivan Cepeda est pour l'heure favori dans les sondages, et il a récemment accusé les Etats-Unis de tenter de peser sur le scrutin.

Donald Trump estime avoir un droit de regard sur la vie politique des pays d'Amérique latine et a par exemple pris position publiquement pour ses alliés dans des élections en Argentine et au Honduras, en rupture totale avec tous les usages diplomatiques en vigueur jusqu'ici.

F.P.Pospischil--SbgTB