Midi Libre : la direction de la rédaction visée par une motion de défiance
Les journalistes du quotidien régional Midi Libre ont voté une motion de défiance à l'encontre du directeur de la rédaction et des deux rédactrices en chef adjointes, a-t-on appris vendredi auprès d'un syndicat et de la société des journalistes du journal.
La motion a été votée avec 102 voix sur 118 votants, soit 86,5 %, selon le syndicat SNJ Midi Libre et la Sojomil (Société des journalistes de Midi Libre).
Contactée par l'AFP, la direction de Midi-Libre n'avait pas réagi vendredi soir.
Le texte de la motion, que l'AFP a pu consulter, fait état d'une "crise de confiance" qui se serait "progressivement installée entre la rédaction en chef, la direction de la rédaction et les journalistes, services du siège et agences".
Elle pointe "l'absence de vision et de projets éditoriaux, un manque d'impulsion au quotidien, une absence d'écoute, la relégation du +print+ au bénéfice du numérique".
La motion dénonce la multiplication sur le site web, d'informations à sensation provenant de tous points de la planète, sans mention de la localité dans le titre, pour générer des clics.
"Nous demandons de préciser la localité dans le titre de l'article. Il n'est plus possible de voir le lecteur trompé par des articles du bout du monde", alertent le SNJ et la Sojomil dans leur communiqué conjoint.
Autre point de friction, "le cumul des fonctions de directeur de la rédaction et de directeur général délégué" depuis juin dernier par Olivier Marino, après le départ d'Alain Baute, ex-directeur général délégué. En conséquence, selon la motion, "la hiérarchie rédactionnelle ne joue plus son rôle de protection et de défense de ses journalistes".
La motion pointe aussi une "confusion entre information et publicité", entretenue notamment sur les réseaux sociaux par une organisation interne jugée "confuse" (le groupe La Dépêche du Midi, propriétaire de Midi Libre, possède sa propre agence de communication).
La motion demande enfin l'instauration d'une charte d'utilisation de l'IA, et que "tout contenu rédigé ou généré avec IA porte une mention visible (…). Ce déploiement ne doit pas se faire au détriment des métiers indispensables à la production d'un journal de qualité".
S.Pfeifer--SbgTB