Salzburger Tageblatt - Attentat raciste des Yvelines : l'assaillant mis en examen par un juge antiterroriste

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Attentat raciste des Yvelines : l'assaillant mis en examen par un juge antiterroriste

Attentat raciste des Yvelines : l'assaillant mis en examen par un juge antiterroriste

L'auteur de l'attentat dans les Yvelines, qui a fait un mort et sept blessés, a été mis en examen jeudi après-midi par un juge antiterroriste, après avoir, selon l'accusation, reconnu avoir ciblé des personnes musulmanes, africaines ou nord-africaines.

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Le suspect a été mis en examen pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats", "en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée", a précisé le parquet national antiterroriste (Pnat).

Kévin T., un Français de 39 ans, doit désormais comparaître devant un juge des libertés et de la détention qui décidera de son éventuel placement en détention provisoire, comme l'a requis le ministère public.

Les avocats du tireur, Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, n'ont pas souhaité s'exprimer à ce stade.

 

Il a "contesté en revanche toute intention terroriste, considérant son action comme légitime", a souligné M. Christen.

La perquisition à son domicile à Plaisir, qui était piégé, a permis la "découverte d'armes ou d'éléments d'armes, soit notamment un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux", a détaillé le procureur.

Ont aussi été retrouvés un exemplaire de "Mein Kampf" d'Adolf Hitler, un Coran et une Bible ainsi que différents autocollants : 30 avec la mention "Vive la France, RN, fier d'être français", 99 avec "100% français/vive la France" et 98 avec "Soutien aux forces de l'ordre".

Kévin T. a indiqué avoir "lui-même dessiné ces autocollants", puis avoir "commandé leur fabrication via Amazon il y a plus d'un an".

M. Christen a fait état d'une "très grande préparation de l'action criminelle", avec l'acquisition, en septembre, de "plusieurs éléments d'armes de nature à renforcer l'efficacité tactique du pistolet mitrailleur Sten, d'un brassard police et de menottes".

Interrogé sur les photographies découvertes sur le site France Palestine datées du 21 février 2018 ou sur les réunions "Stop Pub" où il apparaissait, il a indiqué avoir un temps "infiltré les gauchistes", a éclairé M. Christen.

 

- drogue dès 13 ans -

Kévin T., condamné à quatre reprises par le passé, la dernière fois en 2012, a fait état de problèmes psychologiques ainsi que d'une forte consommation de stupéfiants dès ses 13 ans.

Les analyses ont révélé "la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang" au moment de l'attaque ainsi que de molécules "cohérentes avec la prise des médicaments antipsychotiques et antidépresseurs", d'après le Pnat.

M. Christen a précisé que selon le médecin, "le diagnostic de schizophrénie allégué par Kévin T. était davantage une interprétation de l'intéressé qu'une conclusion médicale".

Vendredi matin, à bord de sa voiture, cet homme, inconnu des services de renseignement, a abattu un Français de 26 ans originaire de la République démocratique du Congo, Pengo Bossio Wangi, et a blessé sept personnes, dont plusieurs d'origine africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière.

L'instruction "doit désormais permettre de répondre à toutes les questions que ce dossier soulève : comment un individu aussi dangereux a-t-il pu préparer un tel acte sans jamais être repéré en amont ? Comment s'est-il procuré cet arsenal ?", a souligné auprès de l'AFP Yassine Bouzrou, avocat de cinq personnes, dont le blessé en urgence absolue.

"Ce que nous apprennent les déclarations de cet homme, c’est que le Rassemblement national lui a fourni une munition idéologique et que c'est cette munition qui est sortie de son arme vendredi", a estimé Romain Ruiz, avocat d'un homme "atteint par deux balles aux jambes".

Trois jours avant son périple meurtrier, il a été filmé en train de "se battre avec un homme noir" dans une station-service où il travaillait comme prestataire, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, confirmant des informations de Mediapart.

L'attentat a enflammé le débat politique et plusieurs rassemblements ont eu lieu pour "dénoncer la banalisation de la haine raciste".

"Plusieurs milliers" de personnes sont attendues vendredi soir à un rassemblement à Trappes, a indiqué à l'AFP son maire Ali Rabeh.

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Y.Kraus--SbgTB