Violences à l'école: le ministre de l'Education annonce des signalements à la justice
Le ministre de l'Education Edouard Geffray a annoncé vendredi "procéder ce jour à plusieurs signalements" à la justice après la diffusion d'une enquête de "Cash investigation" sur France 2, sur des violences dans des établissements privés et des défaillances dans le périscolaire.
L'enquête de "Cash Investigation" s'intéresse aux défaillances du périscolaire, notamment à Paris, mais aussi à des dysfonctionnements et violences dans des établissements privés catholiques sous contrat en se penchant sur le cas de l'Institution Champagnat à Issenheim (Haut-Rhin) et de l'établissement scolaire L'Espérance à Sainte-Cécile (Vendée).
"A la suite des révélations de Cash Investigation hier soir, je procède ce jour à plusieurs signalements sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale", a annoncé Edouard Geffray sur le réseau X.
"Pour ce qui relève des pouvoirs administratifs de l'Éducation nationale, j'engage également sans délai les procédures de contrôle et de sanction. Une seule ligne: ne rien laisser passer", a-t-il ajouté, sans préciser quels établissements ou personnels seraient visés.
L'article 40 du code de procédure pénale prévoit que toute autorité ayant connaissance d'un crime ou un délit doit en informer la justice.
L'enquête de Cash Investigation fait état notamment de faits graves à L'Espérance, école, collège et lycée de Vendée accueillant environ 200 élèves, non mixte à partir du collège. Trois anciens élèves y témoignent d'un "climat raciste omniprésent", d'"insultes homophobes", du non-respect de certains programmes, de propos négationnistes ou encore de méthodes éducatives violentes du directeur (claques aux élèves qui n'atteignent pas leurs objectifs de résultats scolaires).
L'un de ces anciens élèves indique notamment avoir été appelé "Bamboula" par ses camarades de classe, ce que la plupart des professeurs auraient "laissé couler aussi également, parce c’était mon surnom, c’était comme ça". Il raconte aussi avoir trouvé une croix gammée dessinée sur sa chaise ou reçu des menaces verbales d'élèves, dont certains lui auraient fait des saluts hitlériens.
Enfin, via une caméra cachée, Cash Investigation a été reçu par un abbé en charge du recrutement de cet établissement, qui fait état notamment de messes obligatoires au collège, ou d'une surveillance de l'internat confiée en partie à des élèves.
Concernant l'Institution Champagnat, Cash Investigation a recueilli le témoignage d'une ancienne enseignante de l'établissement, qui dénonce notamment une direction "défaillante", des "dysfonctionnements" et une omerta entretenue autour d'affaires d'agressions sexuelles qu'elle a dénoncées, dont plusieurs ont depuis donné lieu à des condamnations.
L'enquête de Cash Investigation s'intéresse aussi aux conditions de travail des animateurs à Paris. On y voit notamment des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d'animateurs ne sont pas pris en compte, mais aussi l'absence de cadre de recrutement ou encore des comportements inappropriés d'animateurs, dont une qui embrasse un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris.
R.Rieser--SbgTB